Le PG fait-il grossir ? Vape et prise de poids | La Fabrik

Le PG fait-il grossir ? Vape, nicotine et prise de poids : ce que dit vraiment la science

Il y a quelques jours, une discussion en magasin nous a interpellés.

Une cliente nous expliquait être passée sur des e-liquides en 30/70 PG/VG, parce que plusieurs de ses amies lui avaient affirmé que « le PG fait grossir ».

Le raisonnement semblait acquis : moins de propylène glycol dans l'e-liquide = moins de risque de prendre du poids.

Ce genre de remarque, nous en entendons régulièrement en boutique. Et c'est souvent comme cela que naissent les idées reçues autour de la vape : une expérience personnelle, une explication qui paraît logique, puis une information répétée de personne en personne jusqu'à devenir une certitude.

Alors plutôt que de répondre par une autre affirmation toute faite, nous avons cherché ce que disent réellement les études scientifiques sur le PG, la cigarette électronique, la nicotine et la prise de poids.

Et la réponse mérite davantage de nuance qu'un simple « vrai » ou « faux ».

Le PG fait-il vraiment grossir ?

À notre connaissance, aucune donnée scientifique disponible ne permet aujourd'hui d'établir que le propylène glycol contenu dans les e-liquides provoque une prise de poids chez les vapoteurs.

Nous n'avons notamment identifié aucune étude clinique démontrant que les personnes utilisant des e-liquides riches en PG prennent davantage de poids que celles utilisant des liquides plus riches en glycérine végétale (VG).

Autrement dit, rien ne permet actuellement d'établir l'équation :

50/50 = davantage de prise de poids

et encore moins :

30/70 = moins de prise de poids.

Pour comprendre à quoi sert réellement ce composant dans un e-liquide, nous avons déjà consacré un article complet au rôle du propylène glycol dans la cigarette électronique.

Attention à l'argument « le PG est inhalé, donc il n'apporte aucune calorie »

À l'inverse, il faut également éviter de vouloir démonter une rumeur avec un argument scientifique qui n'est pas établi.

On peut lire que le PG ne pourrait pas avoir d'effet sur le poids simplement parce qu'il est inhalé et non avalé.

C'est trop catégorique.

Le profil toxicologique consacré au propylène glycol par l'Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR) indique que le PG peut pénétrer dans la circulation sanguine lorsqu'une personne respire un air contenant des vapeurs ou des brouillards de propylène glycol.

En revanche, l'ATSDR souligne également une limite importante : les données permettant de décrire précisément l'absorption, la distribution, le métabolisme et l'élimination du propylène glycol après inhalation sont insuffisantes.

Et cela change complètement la façon dont il faut présenter le sujet.

Nous ne pouvons pas affirmer que le PG inhalé n'est pas absorbé.

Mais nous ne disposons pas non plus de données permettant de relier cette exposition à une prise de poids chez le vapoteur.

La conclusion scientifique correcte est donc : aucune preuve n'établit aujourd'hui que le PG contenu dans un e-liquide fait grossir.

Pourquoi certains vapoteurs ont-ils alors l'impression de prendre du poids ?

C'est probablement ici que se trouve l'origine de la confusion.

Le passage à la cigarette électronique intervient souvent au même moment qu'un autre changement majeur :

l'arrêt ou la forte diminution de la cigarette.

Or la prise de poids après l'arrêt du tabac est, elle, beaucoup mieux documentée scientifiquement.

Une méta-analyse publiée dans le British Medical Journal en 2012 a regroupé 62 études portant sur l'évolution du poids après l'arrêt du tabac.

Chez les personnes ayant réussi à arrêter de fumer sans traitement spécifique destiné à limiter la prise de poids, l'évolution moyenne était d'environ :

  • +1,12 kg après 1 mois ;
  • +2,26 kg après 2 mois ;
  • +2,85 kg après 3 mois ;
  • +4,23 kg après 6 mois ;
  • +4,67 kg après 12 mois.

La prise de poids moyenne existe donc bien, et une part importante intervient au cours des premiers mois suivant l'arrêt.

Mais une moyenne ne signifie surtout pas que tout le monde prend cinq kilos.

Les différences entre les personnes sont énormes

La même étude permet de remettre le chiffre moyen de 4,67 kg dans son contexte.

Douze mois après l'arrêt du tabac, les chercheurs estimaient qu'environ :

  • 16 % des personnes avaient perdu du poids ;
  • 37 % avaient pris moins de 5 kg ;
  • 34 % avaient pris entre 5 et 10 kg ;
  • 13 % avaient pris plus de 10 kg.

Autrement dit, la prise de poids après l'arrêt du tabac est fréquente, mais elle n'est ni systématique ni identique pour tout le monde.

Et surtout, cette méta-analyse étudie l'arrêt du tabac. Elle ne démontre absolument pas que le propylène glycol en serait responsable.

La nicotine joue-t-elle sur l'appétit et le poids ?

Oui, et sur ce point les données sont beaucoup plus solides.

Une revue scientifique publiée en 2021 dans la revue Appetite a analysé 65 études consacrées aux effets de la nicotine sur l'appétit, la prise alimentaire et la dépense énergétique.

Les données disponibles montrent que la nicotine intervient notamment dans des mécanismes cérébraux participant à la régulation de l'appétit.

Les chercheurs rapportent également une augmentation de certaines composantes de la dépense énergétique au repos et liée à l'activité physique chez les consommateurs de nicotine.

Les mécanismes restent complexes et tout n'est pas encore parfaitement compris. Les auteurs soulignent notamment que davantage de recherches chez l'être humain sont nécessaires.

Mais cela permet de comprendre pourquoi le poids peut évoluer lorsqu'une personne arrête de fumer : la consommation de nicotine change, l'appétit peut changer et la dépense énergétique peut elle aussi évoluer.

Pour mieux comprendre la différence entre la nicotine contenue dans une cigarette et celle réellement absorbée par le fumeur, nous avons consacré un article détaillé aux quantités de nicotine présentes et absorbées avec une cigarette.

L'arrêt du tabac ne change pas uniquement la nicotine

Il serait néanmoins réducteur d'expliquer toute prise de poids uniquement par la nicotine.

Quand une personne arrête de fumer, plusieurs changements peuvent intervenir simultanément.

L'appétit peut évoluer. Le goût et l'odorat peuvent également se modifier après l'arrêt de la cigarette, ce qui peut rendre l'alimentation plus attractive.

Il y a aussi la dimension comportementale.

La cigarette occupait des moments précis de la journée : après un repas, avec un café, pendant une pause, en voiture, en situation de stress...

Lorsqu'elle disparaît, certaines personnes peuvent remplacer une partie de ces habitudes par de la nourriture ou du grignotage.

Nous détaillons plus largement les changements qui peuvent être observés dans notre article consacré aux effets du passage de la cigarette à la cigarette électronique.

Et si l'on continue à consommer de la nicotine avec la cigarette électronique ?

C'est là que la question devient particulièrement intéressante.

Lorsqu'un fumeur passe à la cigarette électronique avec un e-liquide nicotiné, il arrête la cigarette sans nécessairement arrêter immédiatement la nicotine.

On pourrait donc imaginer que le maintien d'un apport nicotinique modifie la prise de poids généralement associée à l'arrêt du tabac.

Des chercheurs commencent à étudier précisément cette question.

Ce que montre la recherche récente sur vape et poids

Une revue systématique publiée en 2025 dans Archives of Medical Research a analysé les études disponibles concernant le remplacement partiel ou total de la cigarette par des systèmes électroniques délivrant de la nicotine et l'évolution du poids corporel.

Les chercheurs ont retenu 9 publications provenant de 8 essais, dont :

  • 5 essais randomisés contrôlés ;
  • 2 études de cohorte ;
  • 1 étude quasi-expérimentale.

Les résultats suggèrent une prise de poids au fil du temps chez certains utilisateurs passés exclusivement à la cigarette électronique, tandis que la prise de poids semblait plus modeste chez certains utilisateurs continuant à la fois à fumer et à vapoter.

Mais le point le plus important est ailleurs.

Les auteurs considèrent que le niveau global de preuve reste faible.

Pourquoi ? Notamment parce que l'ensemble des études réunissait moins de 1 000 participants, que plusieurs essais comportaient des risques de biais et que les méthodes utilisées étaient différentes.

Leur conclusion est donc prudente : la cigarette électronique pourrait avoir un effet modeste sur l'évolution du poids chez les personnes essayant d'arrêter de fumer, mais les données actuelles sont insuffisantes pour déterminer précisément cet effet à long terme.

Peut-on calculer les calories d'un e-liquide ?

C'est une autre affirmation que l'on retrouve régulièrement en ligne.

Le raisonnement consiste généralement à prendre la valeur énergétique du PG ou de la VG lorsqu'ils sont ingérés, à regarder le nombre de millilitres vapotés quotidiennement, puis à effectuer une multiplication.

Le résultat donne alors des titres du type : « vapoter X ml représente X calories ».

Nous ne reprendrons pas ce calcul.

Il ne correspond pas aux données dont nous disposons sur l'inhalation.

Vapoter n'est pas équivalent à boire un e-liquide : le liquide est chauffé pour former un aérosol, une partie est inhalée, une partie est expirée, et les données permettant de déterminer précisément la quantité de PG ou de VG absorbée puis utilisée énergétiquement dans des conditions réelles de vapotage sont insuffisantes.

L'ATSDR indique d'ailleurs qu'aucune donnée toxicocinétique permettant de quantifier précisément l'absorption du propylène glycol après inhalation n'était disponible dans son évaluation.

Donner un nombre précis de « calories par ml vapoté » donnerait donc une impression de précision scientifique que nous n'avons pas.

La VG ferait-elle moins grossir que le PG ?

Rien ne permet aujourd'hui de l'affirmer.

C'est pourtant la conséquence directe de la rumeur entendue en magasin : si le PG faisait grossir, un liquide contenant 70 % de VG devrait logiquement être préférable à un 50/50.

Mais aucune étude identifiée ne démontre qu'un vapoteur utilisant du 30/70 prend moins de poids qu'un vapoteur utilisant du 50/50.

Le ratio PG/VG a bien une importance, mais pour de toutes autres raisons : viscosité de l'e-liquide, alimentation de la résistance, quantité de vapeur, restitution aromatique, sensation en gorge et compatibilité avec le matériel.

Le contrôle du poids n'est actuellement pas un critère scientifiquement démontré pour choisir son ratio PG/VG.

Faut-il passer du 50/50 au 30/70 pour éviter de grossir ?

À ce jour : non.

Si votre matériel est conçu pour fonctionner avec des e-liquides plus riches en VG, si vous recherchez davantage de vapeur ou si vous préférez simplement ce type de vape, un ratio 30/70 peut parfaitement avoir du sens.

Mais passer au 30/70 uniquement parce que quelqu'un vous a affirmé que « le PG fait grossir » ne repose actuellement sur aucune donnée scientifique solide.

Ce que l'on sait, ce que l'on suppose et ce que l'on ne sait pas

Ce que l'on sait plutôt solidement

  • La prise de poids après l'arrêt du tabac est un phénomène documenté.
  • Une méta-analyse portant sur 62 études estime cette prise moyenne à environ 4,7 kg après 12 mois, avec d'importantes différences individuelles.
  • La nicotine intervient dans la régulation de l'appétit et de la dépense énergétique.
  • L'arrêt du tabac peut également modifier les habitudes alimentaires et comportementales.

Ce que les études suggèrent mais ne permettent pas encore d'affirmer

  • Le maintien d'un apport en nicotine via la cigarette électronique pourrait influencer l'évolution du poids après l'arrêt du tabac.
  • L'effet propre de la cigarette électronique sur le poids semble probablement modeste, mais les données disponibles sont encore limitées.

Ce que l'on ne sait pas

  • Nous ne savons pas calculer de manière fiable le nombre de « calories assimilées » à partir d'un millilitre d'e-liquide vapoté.
  • Nous ne disposons pas d'études démontrant qu'un ratio PG/VG particulier entraîne davantage ou moins de prise de poids.
  • Aucune donnée scientifique identifiée ne démontre que le PG contenu dans un e-liquide provoque une prise de poids.

Attention à ne pas confondre chronologie et causalité

Cette histoire entendue dans notre magasin est finalement un très bon exemple de la manière dont une rumeur peut naître.

Une personne fumait.

Elle arrête la cigarette et commence à vapoter.

Quelques semaines ou quelques mois plus tard, elle constate qu'elle a pris du poids.

Elle cherche ce qui a changé et trouve un nouveau produit dans son quotidien : son e-liquide.

Puis quelqu'un désigne l'un de ses composants : le PG.

L'explication paraît logique. Elle est racontée à une amie, puis à une autre, jusqu'à devenir : « le PG fait grossir ».

Mais le fait que deux événements se produisent l'un après l'autre ne suffit pas à démontrer que le premier est la cause du second.

Dans le cas présent, nous disposons d'un phénomène largement documenté — la prise de poids qui peut accompagner l'arrêt du tabac — alors que nous ne disposons pas de preuve montrant que le PG des e-liquides en serait responsable.

La réponse que nous donnerons désormais en magasin

Si un client nous demande demain :

« On m'a dit que le PG faisait grossir, c'est vrai ? »

Notre réponse sera simplement :

Non, aucune preuve scientifique ne permet aujourd'hui d'affirmer que le PG présent dans les e-liquides fait grossir.

En revanche, une prise de poids peut effectivement accompagner l'arrêt du tabac. C'est un phénomène connu, probablement lié à plusieurs facteurs parmi lesquels l'évolution de la consommation de nicotine, de l'appétit, de la dépense énergétique et des habitudes alimentaires.

Et si de nouvelles études sérieuses viennent modifier ces connaissances, nous mettrons cet article à jour.

Parce qu'en matière de vape comme ailleurs, notre rôle n'est pas de remplacer une idée reçue par une autre.

C'est de distinguer ce que l'on sait de ce que l'on ne sait pas encore.

Si vous êtes actuellement dans une démarche d'arrêt de la cigarette, vous pouvez également consulter notre guide complet du sevrage tabagique. Et si votre objectif est ensuite de diminuer progressivement votre consommation de nicotine, notre guide consacré au fait de vapoter sans nicotine détaille cette étape.


Le vapotage est destiné aux fumeurs adultes. La cigarette électronique n'est pas sans risque et ne doit pas être utilisée par les non-fumeurs, les femmes enceintes ou les mineurs. Une prise de poids importante, inexpliquée ou préoccupante relève d'un avis médical. Pour être accompagné dans l'arrêt du tabac et le choix d'un dosage de nicotine adapté, nos équipes sont disponibles dans nos boutiques La Fabrik à Carhaix, Minihy-Tréguier et Ploumagoar.


Sources scientifiques

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