Journée sans tabac : la perception du vapotage recule

Journée mondiale sans tabac : pourquoi la perception du vapotage recule en France ?

Le 31 mai est la Journée mondiale sans tabac. À cette occasion, la FIVAPE publie les résultats de son sondage annuel sur la perception du vapotage en France — et les chiffres sont préoccupants. Alors que les données scientifiques sur la différence de risques entre tabac et vapotage n'ont jamais été aussi solides, la confusion dans l'opinion publique continue de progresser. En tant que spécialistes du sevrage tabagique en Bretagne, nous avons souhaité partager ces résultats avec vous, et vous expliquer pourquoi cette question nous tient particulièrement à cœur.

Chaque 31 mai, la Journée mondiale sans tabac est l'occasion de rappeler les enjeux liés au tabagisme en France. Cette année, le sondage annuel réalisé par OpinionWay pour la FIVAPE (Fédération Interprofessionnelle de la Vape) apporte des chiffres préoccupants : la confusion entre fumer et vapoter continue de progresser dans l'opinion publique, au détriment d'une information équilibrée.

Depuis plus de 15 ans, nous accompagnons des fumeurs adultes dans leur démarche de sevrage tabagique depuis nos boutiques en Bretagne. Voici pourquoi ces résultats nous interpellent directement.

Ce que révèle le sondage 2026

La 8ᵉ édition de ce baromètre annuel livre des résultats qui méritent d'être connus :

  • 58 % des Français estiment que vapoter ne réduit pas les risques par rapport à fumer, contre 53 % en 2025, soit +5 points en un an.
  • 15 % pensent même que le vapotage est plus dangereux que le tabagisme — un record depuis la création de l'enquête il y a 10 ans.
  • Chez les 18-24 ans, un tiers des sondés juge le vapotage plus risqué que le tabac, avec une progression de plus de 50 % par rapport à 2025.
  • 80 % des Français considèrent la nicotine comme cancérigène, alors que cette classification n'est pas retenue par les autorités sanitaires.

Ces chiffres ne sont pas apparus dans le vide. En décembre 2025, l'ANSES a publié un rapport d'expertise collective de plus de 700 pages, fruit de trois ans de travaux, qui confirme la hiérarchie des risques entre tabac et vapotage. Sa parution, en février 2026, a pourtant déclenché un emballement médiatique qui a produit l'effet inverse : des affirmations inexactes ont circulé sans correction suffisante. Le sondage d'avril 2026, conduit deux mois après, en porte vraisemblablement la marque.

Ce que disent réellement les données scientifiques

La combustion du tabac, principale source de danger

Le tabagisme reste l'une des premières causes de mortalité évitable en France. Ce qui le rend aussi dangereux, c'est la combustion du tabac, qui produit plusieurs milliers de composés chimiques toxiques et cancérigènes.

Le vapotage repose sur un principe différent : la vaporisation d'un liquide, sans combustion. Le rapport de l'ANSES lui-même confirme qu'aucun méfait comparable au tabagisme n'a été établi à ce jour pour le vapotage. L'agence s'y inquiète d'ailleurs que les risques liés à la cigarette électronique soient perçus, dans la majorité de la population, comme équivalents ou plus graves que ceux liés au tabac fumé — et juge important de communiquer ces conclusions auprès du grand public. Cette recommandation n'a pas été suivie d'effets.

La nicotine n'est pas cancérigène : une confusion aux conséquences réelles

Sur la nicotine : elle est responsable de la dépendance, mais ce sont les produits de la combustion qui sont associés aux cancers liés au tabac. La même nicotine est utilisée dans les patchs, gommes et autres substituts remboursés par l'Assurance Maladie. Elle n'est pas classée comme cancérigène par les autorités sanitaires françaises ou internationales.

Comme le souligne Jean Moiroud, président de la FIVAPE, dans sa tribune publiée le 25 mai 2026 : cette confusion est connue et documentée par l'Institut national du cancer et Santé publique France — et elle a un coût sanitaire direct, en dissuadant des fumeurs dépendants de recourir aux substituts nicotiniques ou d'envisager le vapotage.

Pourquoi l'information ne passe pas

La question n'est pas seulement celle des faits — c'est celle de leur transmission. Jean Moiroud l'analyse avec précision dans sa tribune : les travaux en psychologie cognitive sur le biais de négativité montrent que les alertes sanitaires, même infondées, s'impriment durablement, tandis que les mises au point s'effacent. Un titre affirmant que la cigarette électronique présente des risques sera lu par des millions de personnes. Le rapport de 700 pages qui contextualise et hiérarchise ces risques sera, au mieux, lu par quelques milliers.

La communication institutionnelle, conçue pour être prudente et nuancée, peine structurellement à rivaliser avec des messages simplistes et anxiogènes. Résultat : l'espace public est abandonné à la désinformation, et ce ne sont pas que les faits qui perdent — ce sont des personnes qui continuent de fumer faute d'une information juste sur les alternatives qui s'offrent à elles.

Pourquoi cela compte concrètement pour les fumeurs

Dans nos boutiques à Carhaix, Minihy-Tréguier et Ploumagoar, nous rencontrons chaque semaine des fumeurs qui souhaitent arrêter ou réduire leur consommation. Beaucoup arrivent avec des idées reçues sur le vapotage, souvent héritées de cette communication déséquilibrée.

Or, si un fumeur est convaincu que vapoter présente les mêmes risques que continuer à fumer, il a moins de raisons d'envisager une transition. Ce n'est pas un problème de volonté — c'est un problème d'information.

Notre rôle : informer, pas convaincre

La cigarette électronique n'est pas un produit anodin. Elle est destinée exclusivement aux fumeurs adultes qui cherchent une alternative au tabac combustible. Elle n'est pas recommandée aux non-fumeurs, ni aux mineurs.

Notre rôle n'est pas de promouvoir le vapotage pour lui-même. C'est d'accompagner les fumeurs adultes avec des informations fiables, un conseil personnalisé — notamment grâce au test de dépendance à la nicotine de Fagerström disponible sur notre site — et une sélection de produits adaptés à chaque profil.


Le vapotage est destiné aux fumeurs adultes. Il ne doit pas être utilisé par les non-fumeurs, les femmes enceintes ou les mineurs.

Vous souhaitez être accompagné dans votre démarche d'arrêt du tabac ? Retrouvez nos équipes dans nos boutiques à Carhaix, Minihy-Tréguier et Ploumagoar, ou testez votre niveau de dépendance directement sur lafabrikvapestore.fr.


Sources :